Bordeaux Métropole veut miser sur l`insertion des familles roms De : Pierre Le : 2017-11-08 18:13:10

Bordeaux Métropole veut miser sur l'insertion des familles roms

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Par Leila Mechaouri, France Bleu Gironde et France Bleu lundi 6 novembre 2017 à 19:32

Un squat de Roms avenue Thiers à Bordeaux en 2013.

Un squat de Roms avenue Thiers à Bordeaux en 2013. © Maxppp - Fabien Cottereau

Mettre fin aux squats en créant des campements permettant l'insertion de familles roms : il en sera question ce mardi lors d'un conseil métropolitain extraordinaire.

Dans l'agglomération bordelaise, plus de 700 Roms sont recensés dans une trentaine de squats. Ces familles vivent dans des conditions insalubres, c'est pourquoi la métropole envisage de mettre en place des "Espaces temporaires d'insertion".

 

Ces ETI sont des campements sur lesquels on installe des préfabriqués ou des mobil-homes pour héberger une trentaine de familles. Le projet sera discuté mardi 7 novembre lors d'un conseil métropolitain extraordinaire, en présence du préfet Pierre Dartout. Deux ou trois ETI pourraient voir le jour à l'horizon 2019.

Un engagement réciproque entre les famille roms et Bordeaux Métropole

Il s'agit d'un accompagnement basé sur la réciprocité, une sorte de contrat. Si elles acceptent de vivre dans l'un de ces campements, les familles doivent aussi montrer qu'elles cherchent à s'intégrer. "Ça passe déjà par l'apprentissage de la langue et pas seulement chez les enfants, explique Sylvie Cassou-Schotte, adjointe au maire de Mérignac, chargée de l'action sociale et solidaire. C'est le respect des règles, mais aussi l'insertion professionnelle."

Depuis un peu plus de deux ans, Bordeaux Métropole suit l'exemple de villes pilotes comme Strasbourg et Nantes. Ce dispositif met à peu près dix ans à porter ses fruits. "C'est long mais ça fonctionne", souligne Clément Rossignol-Puech. Le maire écologiste de Bègles poursuit : "on voit que les campements de Roms disparaissent et que ces publics intègrent le chemin d'un travail, d'une scolarité et d'un logement".

1,5 millions d'euros par an

Bègles, comme Mérignac, a trouvé un terrain pour l'installation d'un Espace temporaire d'insertion. A elle seule, la commune abrite un tiers de la population rom de la métropole. "Bègles est une ancienne ville industrielle où il y a beaucoup de friches et donc beaucoup de possibilités de créer des squats", explique le Clément Rossignol-Puech.

Le projet pourrait permettre d'héberger une petite centaine de familles roms réparties sur deux ou trois campements. Son coût estimé est d'1,5 millions d'euros par an. Cependant, pour que les Espaces temporaires d'insertion voient le jour, Bordeaux Métropole attend l'aval et le soutien financier de l'Etat, compétent en matière d'hébergement d'urgence, et du conseil départemental de la Gironde qui gère le suivi social.